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Chronique du Père Job an Irien : Kan Nedeleg / Chant de Noël

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min
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Nedeleg, eur ger tomm d’or c’halon peogwir ez-eus ennañ, ouspenn tommder an tan er siminal, eun dommder diabarz, hini ar garantez hag an esperañs. Gwir eo koulskoude e c’hellfem, er bloaz-mañ, koll kalon ken du ha ken hir e chom an noz da veza gand ar virus-kurunenn ha ne ehan ket da ober e reuz. Gouzoud a reom penaoz tala outañ, ha ne zeuom ket a-benn ! Eun draig a netra ’neus direñket ar bed, ha setu ni strafuillet. Arabad kaoud aon, a lavar deom Nedeleg, rag eun difenn asur a zo roet deom gand Nedeleg, hini eur garantez divuzul o tond deom euz an neñv : eur mabig ’zo roet deom, eur mabig hag a vo ganeom da greñvaad or stourmou eneb ar c’hleñved, ha dreist-oll d’on diwall da zevel mogeriou a zisparti etre ar re all ha ni.

Deuet eo an amzer d’en em ober tost ouz ar re a jom kloz warno o-unan. Heb lakaad anezo e dañjer, e c’hell or mousc’hoarz hag or c’homzou lakaad eun tamm tommder en o c’halon, ha ledannaad on hini war ar memez tro. Ar pez on-no ijinet evid terri ar sklas etrezom, ar vleunienn roet, ar mousc’hoarz kinniget a raio d’an Nedeleg-mañ beza disheñvel ha beza zokén eur sterdennig ouspenn e teñvalijenn or bed. Goulaouennig on esperañs, a-unan gand lutigou ar re all, a lako an noz da bellaad beteg ma savo heol nevez ar mintin.

N’om ket kollet da vad, rag eur babig a netra a c’halv ahanom da vond d’e heul, rag en hent ema dija evid hada tommder al levenez er c’halonou sklaset. N’eo ket deuet evid chom kousket, med evid rei hag en em rei. Ar re a ra hent gantañ a gan e pleg or skouarn : «Gloar da Zoue e lein an neñv ha peoc’h d’an dud war an douar !» Kanom ganto, hag e vo gwir on nedeleg !

Noël, un mot qui nous est chaud au cœur, car il a en lui, outre la chaleur du feu dans la cheminée, une chaleur intérieure, celle de l’amour et de l’espérance. Il est vrai cependant que nous pourrions, cette année, perdre cœur tellement la nuit continue à être longue et noire à cause de ce virus qui n’en finit pas de faire ses ravages. Nous savons comment nous y opposer, et nous n’y arrivons pas. Un petit rien a dérangé le monde, et nous voici inquiétés. N’ayez pas peur, nous dit Noël, car une protection certaine nous est donnée par Noël, celle d’un amour infini qui nous vient du ciel : un fils nous est donné, un fils qui sera avec nous pour renforcer notre lutte contre la maladie, et surtout pour nous garder d’élever des murs de séparation entre les autres et nous.
Il est venu le temps de nous faire proches de ceux qui restent renfermés sur eux-mêmes. Sans les mettre en danger, notre sourire et nos paroles peuvent mettre un peu de chaleur dans leur cœur, et en même temps élargir le nôtre.

Ce que nous aurons inventé pour briser la glace entre nous, la fleur que nous aurons donnée, le sourire que nous aurons offert, feront que ce Noël soit différent et sera même une petite étoile supplémentaire dans l’obscurité du monde. La petite lumière de notre espérance, unie aux lumignons des autres, fera reculer la nuit jusqu’à ce que se lève le nouveau soleil du matin.

Nous ne sommes pas perdus pour de bon, car un petit enfant de rien nous appelle à le suivre : il est déjà en route pour semer la chaleur de la joie dans les cœurs refroidis. Il n’est pas venu pour rester couché, mais pour donner et se donner. Ceux qui marchent avec lui nous chantent au creux de l’oreille : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes sur la terre !» Chantons avec eux et notre Noël sera vrai !

Tad Job an Irien (les articles de Job an Irien sont publiés sur Ar Gedour avec son aimable autorisation). Retrouvez la totalité des billets de Job sur le site du Diocèse de Quimper & Léon.

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