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Le Cardinal Sarah à Sainte Anne d’Auray (par Yves Daniel)

Plusieurs collaborateurs d’Ar Gedour étaient présents à la conférence du Cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, proposée ce 6 septembre 2019 en la basilique de Sainte Anne d’Auray, archi -comble. Vous retrouverez donc cette semaine des articles avec des vues différentes selon ce qui les aura marqué.

Si le cardinal Sarah aime bien la Bretagne dont la campagne reste pourtant un pâle reflet de la savane guinéenne des pentes nord du Foutah-Djalon, à la frontière du Sénégal, il faut bien reconnaitre que les bretons le lui rendent bien ainsi qu’ils le lui ont prouvé par leur présence en masse à la basilique Sainte Anne d’Auray ce vendredi soir 6 septembre, veille du grand pardon de Notre-Dame du Roncier à Josselin qu’il présidera avec bonheur et un plaisir non dissimulé de part et d’autre.

Le thème de sa conférence reprend celui de son livre d’échanges avec  Nicolas Diat, « Dieu ou Rien : Entretien sur la foi »,  publié en février 2015 par la Librairie Arthème Fayard,‎ qu’ils avaient déjà présentés, ensemble, à l’Abbaye bénédictine de Kergonan, toute proche, à l’occasion  du 2° salon du livre chrétien « lire à l’abbaye » dont le cardinal était l’invité d’honneur, en juillet 2015, manifestation dont « ar gedour » s’était fait l’écho, à l’époque.

Il y est revenu l’été dernier célébrer le cinquantenaire de l’Encyclique du pape Saint Paul VI « Humanae vitae », « voie de sainteté » qu’ « Ar Gedour » n’a pas manqué de rapporter aux termes d’un article renvoyant fidèlement, comme à son accoutumée, aux textes mêmes de l’encyclique et de la conférence.

Retrouvez la conférence du Cardinal Sarah à Kergonan en cliquant ici.

Entre temps, la collaboration du cardinal avec Nicolas Diat s’avérait particulièrement fructueuse puisqu’en 2017 paraissait dans la collection « Pluriel » le livre intitulé « la force du silence ;  contre la dictature du bruit », préfacé par le pape émérite : Benoit XVI lui-même, évoqué par « ar gedour »  au début de l’année 2018.

Jusqu’à leur dernier opus en commun : « le soir approche et déjà le jour baisse », paru au mois de mars de cette année chez Fayard.

D’ailleurs, le cardinal Sarah n’a pas manqué de rendre hommage à celui qui sait si bien lui donner la réplique : Nicolas Diat, rencontré à l’occasion de la biographie consacrée au pape Benoit XVI (« l’homme qui ne voulait pas être pape », Albin Michel 2014) qui voulait écrire celle de ce petit africain devenu en quelques années « papabile ».

« Ma biographie ne présente aucun intérêt » lui fut-il répondu par son héros. En revanche, celui-ci a beaucoup à dire sur « la crise de Dieu » qui explique pourquoi et de quelles manières les églises et les chapelles sont devenues « les tombeaux et les caveaux du Christ ».

« La vie, le mouvement et l’être viennent de Dieu seul ; c’est ainsi que l’on sait que c’est Dieu ou rien » justifiant ainsi le caractère abrupte et définitif du titre du livre et de la conférence.

Pour illustrer son propos, il nous a raconté l’histoire d’Abdelhamid Ibn Zeit inquiet de savoir qui serait son voisin dans l’éternité. Allah lui révèle qu’il vivra son éternité auprès de Maïmounah. Aussitôt notre homme s’enquiert de savoir qui est cette personne et découvre qu’il s’agit d’une folle qui garde ses moutons en priant au milieu des loups. Surpris de voir que les loups ne dévorent ni les moutons ni la bergère, Abdelhamid interroge Maïmounah sur ce prodige.  « En priant Dieu, j’améliore mes rapports avec lui qui améliore les rapports des animaux entre eux et avec moi ».

C’est ainsi que mes relations avec Dieu seront à l’image de celles que je cultiverai avec mes congénères : « sans prières, il n’y a que guerres, destructions et massacres ».

« Ce qui ruine l’homme c’est la destruction de Dieu » et le conférencier de citer saint Irénée : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu» (AH IV, 20, 7) avant de s’en prendre au législateur qui sous couvert de liberté et d’égalité renie la part de Dieu dans l’homme et réduit celui-ci à la satisfaction immédiate de plaisirs égoïstes et sans avenir prenant ainsi le risque de détruire carrément l’humanité toute entière.

Pour les juristes anglais de la fin du XVIII° siècle, le Parlement peut tout faire, sauf de changer un homme en femme ! Le juriste occidental d’aujourd’hui n’a plus même cette réserve de bon sens ! … Son orgueil l’étouffe !

Le cardinal a conclu son propos par ces paroles sans appel :

« L’Eglise est la seule institution humaine capable de préserver de ses dérives la sexualité humaine et ses clercs qui donnent leur bénédiction à la destruction programmée du mariage et de la famille sont des traitres »

Sur questions – présélectionnées – le cardinal Sarah a insisté sur l’importance du sacrement de l’Eucharistie « sacrement des sacrements » (Saint Thomas d’Aquin, S. Th. 3, 65, 3 ; catéchisme de l’Eglise catholique 1211, in fine) et la nécessité de la bien célébrer c’est-à-dire avec la conscience de son caractère éminemment sacré.

Avec le souci d’une liturgie au service du sacré, le cardinal a insisté sur la nécessité d’une formation chrétienne destinée à faire connaitre à chaque baptisé sa religion pour qu’il la célèbre correctement.

L’image de Sainte Anne instruisant la future mère du Christ s’est alors imposée à nous tous, satisfaits de savoir que la vocation de son sanctuaire allait s’épanouir dans des projets appelés à se développer.

Pour terminer le cardinal Sarah nous a rappelé qu’au milieu de la tempête qui ballotte la barque en tous sens et nous fait si peur, le Christ est là, couché sur le pont balayé par la tempête… et que fait-il ? Il dort !… (Mt, 8, 24 ; Mc 4, 38 ; Lc 8, 23)

Il nous l’a avoué à demi-mots : il a conscience que parmi les nations européennes et le monde occidental en général, la France saura tenir son rang de fille aînée… et le renouveau viendra grâce à la ténacité des irréductibles bretons. Je crois, pour ma part que c’est pour cela qu’il nous aime bien !

Kenavo deoc’h, aotrou kardinal, ha ken ur wec’h all !

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Photos Ar Gedour / DR

Voici l’enregistrement complet de la conférence, proposé par le Diocèse de Vannes.

J’apprécie Ar Gedour : je soutiens

À propos du rédacteur Yves Daniel

Avocat honoraire, il propose des billets allant du culturel au théologique. Le style envolé et sincère d'Yves Daniel donne une dynamique à ses écrits, de Saint Yves au Tro Breiz, en passant par des chroniques ponctuelles.

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Un commentaire

  1. Le renouveau viendra grâce à une poignée de Bretons. La France se relèvera, et avec elles les nations…C’est ce que révèle Marie Julie dans ses prophéties.

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