Saints bretons à découvrir

Pentecôte et nouvelle évangélisation.

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

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Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Ac 2;1-4)

Suivant les Actes, à partir de la Pentecôte, les apôtres vont assurer la diffusion de l’Évangile, cet événement inaugurant l’histoire de la Première Église.

« Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. » (Ac 2;41)

Ce jour de Pentecôte voit la manifestation de la puissance divine, offrant les dons pour rendre chacun apte à vivre et à annoncer l’Evangile au monde, s’adressant donc dans le même temps à chacun personnellement et à tous. Il est intéressant de trouver un parallèle entre la Pentecôte et l’effondrement de la Tour de Babel, la division et la dispersion des hommes. En punition de leur vanité, les hommes perdirent la possibilité de se comprendre et furent dispersés. Or, en ce jour de Pentecôte, tous les hommes sont désormais ouverts à comprendre le message annoncé par les apôtres, pour ne former qu’un seul peuple uni dans l’Esprit : Le Peuple de Dieu.

S’ensuit donc la vocation missionnaire de l’Eglise. Mais comment se faire comprendre de tous les hommes de telle manière à ce que cela puisse porter des fruits ? Il est certain que tout est entre les mains de Dieu, mais toutefois la question est là ! Si l’on a foi en l’Esprit Saint pour annoncer l’Evangile et faire en sorte que les hommes le reçoivent, il est toutefois nécessaire d’user de bons outils, de la prière à l’enracinement du Christ dans la terre fertile de chaque peuple, portant aux fonds baptismaux ceux qui auront entendu l’appel du Sauveur (sans oublier de commencer par sa propre conversion, ce qui n’est déjà pas une mince affaire). Ainsi, l’on a dit que le Père Maunoir reçut le don de la langue bretonne pour aller évangéliser la Bretagne, et que nombreux furent les fruits de sa mission. En effet, c’est en très peu de temps qu’il maîtrisa le breton, pour s’adresser à une population spécifique, usant des charismes donné par l’Esprit Saint aux missionnaires du Christ.

Dans cette période de Nouvelle Evangélisation, les nouveaux apôtres et missionnaires sont amenés à semer l’Evangile dans des terres encore vierges, ou plutôt redevenues vierges. Défricher, semer et arroser, telle est la mission de tout chrétien en tant que coopérateurs de Dieu (cf 1Co 3,5-9). Certes, c’est Dieu qui donne la croissance, et non celui qui plante ou arrose ; c’est donc l’Eglise qui se chargera de faire grandir le Chrétien à la lumière du Christ.

Le décret AD GENTES (ch III, par. 22) nous rappelle ainsi que la semence qu’est la Parole de Dieu, venant à germer dans une bonne terre arrosée de la rosée divine, y puise la sève, la transforme et l’assimile pour porter enfin un fruit abondant. Les Eglises particulières ont donc à emprunter aux coutumes, aux traditions, aux leurs arts, à leurs sciences… tout ce qui peut contribuer à confesser la Gloire du Créateur, mettre en lumière la Grâce du Sauveur et ordonner comme il le faut la vie chrétienne.

Tout comme Saint Paul à Athènes, lors de son discours à l’aréopage, parle du Dieu inconnu et s’adapte à la culture locale pour mieux enraciner le Christ, la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture, les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées de la lumière de l’Evangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique. C’est ainsi que les Eglises particulières, enrichies de leurs traditions, auront leur place dans la communion ecclésiale, la primauté de Pierre, qui préside l’universelle assemblée de la Charité, demeurant intacte. (cf AG III, 22)

Lorsque nous visitons la Bretagne et ses chapelles, ses enclos paroissiaux, ses calvaires ; lorsque nous relisons toutes les oeuvres musicales, poétiques, littéraires, de Xavier Grall à Yann-Ber Calloc’h, du Père Maunoir à tous les anonymes, nous nous rendons compte que la Bretagne était terre fortement chrétienne, et que le christianisme était étroitement lié à sa culture et en a formé une âme propre. Aujourd’hui, la Bretagne qui a engendré de nombreux missionnaires est devenu elle-même terre de mission.

En cette solennité de Pentecôte, il convient de se rappeler qu’évangéliser aujourd’hui, c’est aussi savoir prendre en compte les réalités du monde pour mieux annoncer l’Evangile. Il peut donc être intéressant de voir en quoi un projet missionnaire peut se développer aujourd’hui dans cette réalité de la culture bretonne, comme le propose Monseigneur Centène dans le cadre du projet diocésain « Communion pour la Mission » (cf nos articles dans la rubrique « Inculturation » et « Nouvelle Evangélisation »). Dans cette terre de mission, il y a un champ fertile que l’on ne peut ignorer, et c’est à chaque baptisé, comme l’ont fait depuis des centaines d’années les nombreux missionnaires que la Bretagne a donné, d’agir avec ses charismes et les dons qui lui ont été confiés, et de travailler à ce message de Pentecôte « d’aller enseigner toutes les nations, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ».

Première diffusion de cet article le 26/05/2012

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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