Saints bretons à découvrir

Pedenn da Itron-Varia ar Ro an Henbont / Prière à Notre-Dame du Voeu (Hennebont

Amzer-lenn / Temps de lecture : 8 min
Statue de N.D du Voeu

Après les suppliques à ND de Joie, ND du Roncier, Saint Vincent Ferrier et Santig Du, nous vous proposons la supplique à ND du Voeu, vénérée à Hennebont (Diocèse de Vannes). Hier, Mgr Centène a fait cette prière, dans le sillage de nos aïeux. En 1699, la peste fit de nombreuses victimes à Hennebont et dans les alentours.

C’est en remerciement de la fin de l’épidémie que les habitants offrirent, à la Vierge Marie, une statue d’argent. Fondue lors de la révolution, la statue de Notre Dame du Voeu est aujourd’hui remplacée par une statue en bronze argentée de 1818.

Dimanche prochain, Monseigneur Centène adressera au nom du diocèse une supplique à Sainte Anne, lors de la messe célébrée à Sainte Anne d’Auray. Vous la retrouverez sur Ar Gedour en fin de semaine.

Nous avions initialement traduit le terme voeu par gouestl. Cependant, nous avons opté pour la version plus traditionnelle sur le Diocèse de Vannes. En effet, comme nous le rapporte Uisant Er Rouz, Notre-Dame du Voeu se dit  en breton Itron Varia ar Ro. Ce terme breton ro indique une nuance plus forte par rapport au mot habituel gouestl (glouestr en vannetais) signifiant voeu.

Au départ, il signifie don, cadeau, mais par extension, c’est la promesse d’une récompense. On le retrouve aussi à la chapelle Notre-Dame du Rohic (Intron Varia ar Roig) à Vannes (paroisse de saint Patern) où mal orthographié, il ne signifie pas « le petit rocher » mais « le petit voeu ».

Derrière ce petit mot ro, il s’agit en quelque sorte d’un contrat donnant-donnant, non pas qu’on pourrait marchander trivialement avec des dons matériels même luxueux l ‘aide de la Sainte Vierge et de Dieu, mais plutôt comme un puissant échange qui implique une relation très forte de confiance absolue entre les hommes et Dieu.

Intron Varia ar Ro en Henbont

Iliz an Itron Varia ag an Henbont a zo unan ag ar re gaerañ ag ar hor bro : savet eo bet get ur go, Frañsez Michard, er blez 1514 get sikour an dud arall ag ar gêr. Bout a oe ‘lies, en amzer-hont, kleñvedoù bras ‘em streve dre rac’h ar vro hag e skrape tud a leizh, bras ha bihan, kozh ha yaouank. An hani a oe daet er blez 1699 a oe ur vosenn spontus a oe c’hoazh kreñvoc’h ‘vit ar re ‘rall : bout a oe betek seizh pe eizh a dud a varve bemdez, daousto d’ar boen e veze kemeret evit pellaat an drouk.

Ar vistr a gêr ne c’houient mui petra gober, ‘pa za ar soñj dezhe goulenn sikour get ar Werc’hez Vari, hag int grataet kinnig dezhi ur skeudenn argant, mar kare pellaat ar vosenn azoc’h ar gêr. Kentizh e arsavas an drouk, an dud ag an Henbont a ras neuze, get skeudenn ar Werc’hez, ur prehesion en-dro d’ar gêr hag e c’hratas gober kement arall pep blez evit he zrugarekaat. A-c’houdevezh ema bet dalc’het doc’h ar pezh a oe bet grataet, ha pep blez e vez gwraet d’an divezhañ sul a wenholon prehesion Intron Varia ar Ro.

tennet a livr pedenneu, overenn ha gospéreu groeit é latin hag e brehoneg get en DD. Guillevic ha Priellec, Guéned, e ti Lafolye, 1927

Notre Dame du Voeu à Hennebont (traduction française)

L’église Notre Dame d’Hennebont est une des plus belles de notre pays : elle fut élevée par un forgeron, François Michard, en l’année 1514 avec l’aide des autres habitants de la ville. Il y avait, en ce temps-là, de grandes épidémies qui se répandaient de par tout le pays et qui emportaient nombre de gens, grands et petits, vieux et jeunes.

Celle qui est venue en l’année 1699 était une peste effrayante qui était encore plus forte que les précédentes. : il y avait jusqu’à six ou sept personnes qui périssaient chaque jour, malgré les efforts qui étaient faits pour éloigner le mal.

Les chefs de la ville (échevins) ne savaient plus quoi faire, quand leur vint l’idée de demander de l’aide à la Vierge Marie, et ils promirent de lui offrir une statue en argent si elle daignait éloigner la peste de la ville.

Aussitôt s’arrêta le mal, les gens d’Hennebont firent alors, avec la statue de la Vierge, une procession autour de la ville et promirent d’en faire autant chaque année pour lui rendre grâce. Depuis lors, ce qui avait été promis fut accompli, et chaque année est faite le dernier dimanche de septembre la procession de Notre Dame de Voeu.

 

Tiré du livre de prière, messe et vêpres fait en latin et breton par MM. Guillevic et Priellec, Vannes, chez Lafolye, 1927 (Transcription, orthographe modernisée et traduction en français par Uisant Er Rouz en 2020)

Pedenn e brezhonegPrière en français

Pedenn da Itron-Varia ar Ro an Henbont :

O Mari,

E 1699 e voe taget Henbont gant ar vosenn. En em dreiñ a reas tud an Henbont ouzhoc’h da c’houlenn diganeoc’h aspediñ Ho Mab evit ma vo diwallet o c’hêr.

Klevet e voe o fedenn, bet douget ganeoc’h gant karantez, hag ar walenn a chomas krenn a-sav. Abaoe, gant gouel ar Ro, e tiskouez bep bloaz an Henbontiz o anaoudegezh vat, oc’h enoriñ ac’hanoc’h d’ar Sul diwezhañ a viz Gwengolo.

Hiziv, O Mari, ez eo ar voull-zouar a-bezh a zo taget gant ur viruzenn a zo penn-kaoz da dremenvanoù diniver hag a zegas doan hag anken. Hon Denelezh a-bezh eo a c’houlenn adarre Ho skoazell, evit ma c’houlennfec’h digant Ho Mab Dasorc’het, ur wech ouzhpenn, ma vezimp divec’hiet diouzh ar c’hleñved-red dizeur-mañ, ha kement-se e meur a zoare :

Ra sklerijenno ar poell a zo bet lakaet e pep hini ac’hanomp gant hor C’hrouer, evit ma kavo an imbourc’herien ar remedoù hag ar vaksinoù a-enep ar c’hleñved-se ;

Ra harpo an holl re a ra war-dro ar glañvourien, ma tousaio o jestroù ar poanioù a gorf hag a spered, ha ma tiskouezint E drugarez, a zo kinniget d’an holl dud : gwazed, maouezed, bugale, ha pergen ar re wanañ ;

Ra greñvaio an holl re a zo, doare pe zoare, dre o labour, e servij ar boblañs ;

Ra aweno d’ar geodedourien, dre E Spered, jestroù kiriek da zoujañ ouzh an diarbennoù erbedet, evit diwall diouzh ar c’hontammadurioù, mar deo gallus ;

Ra roio deomp an nerzh da vevañ ar mare-mañ a drubuilh kenunanet an eil gant egile, en ur bleustriñ ar garitez, hag en ur sevel atav muioc’h ar vreudeuriezh, er rez lec’hel evel er rez hollek, etre ar broadoù ;

Ra weredo erfin hervez E youl evit hor gwareziñ diouzh ar bandemïezh-mañ ;

O Mari, Itron-Varia ar Ro, C’hwi n’oc’h ket bet aspedet en aner gant hon tadoù. Fiziañ a reomp ennoc’h ar bedenn-mañ, evit ma vo douget ganeoc’h gant ho teneridigezh a vamm betek Ho Mab, betek an Aotrou Doue.

Pedit evidomp.

AMEN.

Prière à Notre-Dame du Voeu d’Hennebont :

Ô Marie,

En 1699, la peste menaça Hennebont, et les habitants se tournèrent vers Toi pour Te demander d’intercéder auprès de Ton Fils, afin que leur ville soit épargnée.

Leur prière, portée par Toi avec amour, fut exaucée, et le fléau stoppé. Depuis lors, la gratitude des Hennebontais se manifeste tous les ans par la fête du Vœu, qui T’honore le dernier dimanche de septembre.

Aujourd’hui, Ô Marie, c’est notre monde qui est menacé par un virus, qui, responsable de décès innombrables, engendre détresse et angoisse. Et c’est toute notre humanité qui, de nouveau, implore Ton aide, pour qu’encore une fois, Tu demandes à Ton Fils Ressuscité de la délivrer de cette épidémie funeste, et cela de multiple façons :

Qu’Il éveille l’intelligence que notre Créateur a mis en chacun de nous, pour que des chercheurs trouvent des remèdes et des vaccins contre cette maladie.

Qu’Il soutienne tous ceux qui soignent les malades, afin que leurs gestes soulagent les souffrances physiques et psychiques, et manifestent Sa compassion offerte à tous les hommes, les femmes, les enfants, particulièrement les plus fragiles.

Qu’Il fortifie tous ceux qui sont, d’une manière ou d’une autre, par leur travail, au service de la population.

Que, par Son Esprit, Il inspire des actes responsables pour que les citoyens respectent les mesures préconisées, afin d’éviter autant que possible les contaminations.

Qu’Il nous donne la force de vivre ce temps d‘épreuve, dans la communion les uns avec les autres, en exerçant la charité, et en bâtissant toujours davantage la fraternité, au niveau local comme universel, entre les nations.

Qu’Il agisse enfin selon Sa volonté, pour nous protéger de cette pandémie.

Ô Marie, Notre-Dame du Vœu, Toi que nos pères n’ont pas invoquée en vain, nous Te confions cette prière, que Ta tendresse maternelle la porte auprès de Ton Fils, auprès de Dieu.

Prie pour nous.

AMEN.

Troidigezh : EAT / Ar Gedour

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour. Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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Un commentaire

  1. En Henbont e vez anvet ar Werc’hez : « Intron Varia ar Ro.

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